Marocaine expulsée (suite) / communiqué du groupe CIMADE 17

Publié le par LDH Pays Royannais

Expulsion d’une jeune marocaine : une violence peut en cacher une autre

Elle est marocaine de 26 ans. En 2007, sa famille la marie avec un Marocain résident en France. En 2008, elle arrive en France dans le cadre du regroupement familial et obtient alors un titre de séjour d’un an. Après son arrivée en France, son mari commence à se montrer violent avec elle.

Quitter un mari violent n’est jamais une décision facile à prendre. Mais quand le titre de séjour dépend de cette union, le choix se révèle cornélien : se protéger et risquer l’expulsion…ou subir la violence….

Fin 2009, la jeune marocaine se décide à fuir ces violences et trouve refuge chez des amis puis dans différents centres d’hébergement d’urgence.  Par peur, par ignorance, par honte, elle ne dépose pas plaine contre son mari. 

En 2010, au moment du renouvellement de son titre de séjour, la préfecture de la Charente-Maritime lui  notifie un refus et l’oblige à quitter le territoire français aux motif qu’il n’y a plus de vie commune. Le Tribunal Administratif de Poitiers et la Cour Administrative d’appel de Bordeaux confirment la décision.

Malgré la précarité, la fragilité psychologique et physique liées aux violences et à la menace d’une expulsion, elle ose enfin porter plainte contre son mari.

Fin 2010, elle intègre un appartement de stabilisation géré par l’association Tremplin 17 à Royan et commence petit à petit à se reconstruire.

Mais jeudi dernier tout bascule. La Police se présente à l’appartement de stabilisation de l’association et procède à l’arrestation de la jeune femme, devant ses colocataires. Elle passe la nuit en garde à vue au commissariat de La Rochelle. Le lendemain, elle est expulsée vers le Maroc, pays où elle risque d’être répudiée par sa famille.

La Cimade juge intolérables la violence et l’inhumanité de cette expulsion. Une expulsion organisée et exécutée très vite : pas de placement en rétention, donc pas de passage devant un juge, donc pas d’examen des conditions de l’interpellation. Qu’elle était l’urgence à expulser cette jeune femme sinon à faire entrer un chiffre de plus dans les sinistres statistiques des étrangers expulsés?

La Cimade dénonce l’interpellation d’une personne à l’intérieur d’une structure d’hébergement social. Une procédure qui met à mal, encore une fois, le principe de l’accueil inconditionnel dans ces structures où seules la détresse et la précarité doivent primer et non la situation administrative de la personne.

La Cimade réitère son exigence de mettre en place une véritable défense des femmes étrangères et de mettre fin à la double violence qu’elles subissent.

 

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